Aboubacar CAMARA Directeur Exécutif de TINKISSO.

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ABOUBACAR CAMARA Directeur Executif TINKISSO

« Je pense que la réussite tient du fait de prendre sa carrière en main, oser les challenges et se lancer dans un projet qui correspond vraiment à sa vocation. » Aboubacar CAMARA – Directeur Exécutif TINKISSO.


MODELE DE REUSSITE : Parlez-nous du « petit »Aboubacar CAMARA.                        Je suis issu d’une famille de quatre enfants. Mon  père était médecin  et ma mère infirmière. C’est à Gueckedou (Guinée) où j’ai passé toute mon enfance et adolescence.

MODELE DE REUSSITE : Décrivez-nous, Aboubacar CAMARA à l’adolescence. 

J’ai grandi à Gueckedou (Guinée) dans un cadre familial très strict. J’ai passé le plus clair de mon enfance entre la maison de mon père et celle de ma mère, car mes deux parents avaient choisi de se séparer dès mon plus jeune âge…
Cet état de fait n’a pas été un handicap réel pour moi, mais plutôt une force vu que chacun de mes parents de son côté s’évertuait à m’inculquer les vraies valeurs de la vie qui sont entre autres le respect, le travail, le courage, l’envie de réussir. J’étais un enfant discret et renfermé, n’ayant pour seule distraction que les études. La vie m’a fait prendre des responsabilités trop tôt.

MODELE DE REUSSITE : Quel était votre rêve à cette période ?

Mon rêve à l’époque était de voir mes parents ensemble et vivre en famille.

MODELE DE REUSSITE : À quel moment avez-vous su ce que vous devriez faire de votre vie ?

Quand j’ai senti que chacun des deux parents se battait pour ma réussite en étant moins préoccupé d’un arrangement qui pouvait les mettre ensemble, je me suis dit qu’il fallait commencer une nouvelle vie et  ainsi accepter cette situation.

MODELE DE REUSSITE : Votre parcours scolaire et universitaire, où et comment l’avez-vous passé ?                             

C’est à Gueckedou où j’ai passé tout mon cycle scolaire. À l’Université, nous étions les premiers étudiants à bénéficier de la décentralisation des études supérieures en Guinée. Mon père me destinait à faire la médecine. Mais en ce moment, j’avais grandi, mes choix désormais m’incombaient. J’ai ainsi choisi de faire la biochimie parce que j’étais passionné par la chimie industrielle. J’ai eu un professeur de chimie au collègue du nom de M. George qui m’a beaucoup marqué. J’ai obtenu une licence en Biologie (biochimie) mais aussi un master en biologie médicale.

MODELE DE REUSSITE :À cette époque,comment faisiez-vous pour subvenir à vos besoins ?                                             

À l’université déjà, je donnais des cours aux cadets de la 1ère et 2ème année, mais aussi au lycée de N’zérékoré comme professeur de Biologie en classe de terminale sans oublier les cours de malinké que je donnais aux expatriés espagnols. Ce qui me rapportait un peu d’argent.

MODELE DE REUSSITE : Racontez-nous votre parcours professionnel

Dès la fin de mes études, je fus engagé à Médecins Sans Frontières (MSF) comme responsable labo où j’ai appris beaucoup de choses. Il faut reconnaître que MSF est une école au-delà d’être une ONG.
Ensuite, je suis parti me former à l’étranger dans la gestion de projets, j’ai obtenu un Master dans le développement communautaire. Avec des amis, nous avons mis en place une ONG dans le domaine de la survie de la mère et de l’enfant. Pendant mon séjour à MSF, je me suis rendu compte que le problème d’eau potable se posait avec acuité dans les zones d’intervention. Nous avons mis en place un modèle hybride de structure qui s’autofinance avec l’appui de la fondation Antenna Technologie, basée à Genève. Ils ont accompagné la structure car leur mandant leur permettait. Un peu  plus tard, l’idée d’entreprendre m’est venue en tête.

Après mes 4ans de contrat avec MSF, J’ai repris le chemin de l’étranger pour comprendre l’entrepreneuriat, j’ai refusé de suivre des cours théoriques qu’il fallait avaler comme ceux du collège et de l’université. Pour moi, il était essentiel d’aller à la rencontre des entrepreneurs pour comprendre leur monde.
C’est ainsi que je me suis rendu en Asie, aux Etats Unis pour comprendre les modèles économiques.


’J’ai compris que l’entrepreneuriat n’était pas une destination, mais plutôt un voyage et ceux qui réussissent sont ceux qui savourent les paysages peu importe la saison’’…Aboubacar CAMARA


Au retour, je me suis lancé ensuite dans la consultation dans le domaine du WASH (eau, hygiène et assainissement) où j’ai validé mes acquis en tant que spécialiste. Cela m’a permis de faire des voyages au Rwanda et en Asie du Sud-Est où j’ai encore appris beaucoup de choses sur leur modèle économique, et  d’autres pays africains. Mon partenaire Antenna Technologie une fondation basée en Suisse a énormément investi dans ma formation. C’est l’occasion de les remercier. Ces voyages et consultations m’ont permis de mettre de l’argent de côté pour investir dans l’entrepreneuriat, car même étant Directeur de l’ONG, je n’ai pas le droit d’orienter les fonds de l’ONG ailleurs.

Aujourd’hui, j’occupe le poste de Directeur Exécutif au sein de Tinkisso, j’avoue que je suis entouré de personnes formidables, une grande complicité s’est installée entre nous et ça permet de se surpasser au travail et donner un sens à sa vie. Ils sont tous pour moi cette équipe que je salue de passage.

MODELE DE REUSSITE :Comment la passion de l’entrepreneuriat est née en vous ?

À l’issue de mes études, j’ai eu la chance d’occuper des fonctions qui m’ont permis de développer l’esprit d’entreprendre. J’étais le Responsable de la presse universitaire. Je donnais des cours de langue locale à certains expatriés d’Action contre la faim, j’enseignais au lycée et ceci me rapportais des revenus mensuels. Ensuite, pendant mon séjour à Dabola, j’ai essayé avec l’agriculture et c’était passionnant. Ces expériences m’ont apportées quelque chose d’inestimable : la confiance en soi. J’avais prouvé que j’étais capable de faire des choses par moi-même.

MODELE DE REUSSSITE : Quelles sont les difficultés rencontrées durant votre aventure entrepreneuriale ?

Dès le début, j’étais très enthousiaste à l’idée d’entreprendre et je suis donc partie un peu dans tous les sens. Déjà, j’ai été plutôt très optimiste quant à ma capacité à abattre du boulot ; or, cela n’a rien à voir quand on travaille en tant que salarié. J’imaginais que j’aurais tout mon temps pour me concentrer sur mon travail, mais derrière le mot entreprendre se cachent beaucoup plus de choses, qu’il ne faut pas négliger.

Être son propre patron fait rêver plus d’un, on a tout de suite l’impression d’être libre de faire ce que l’on veut et ne plus être sous pression d’un patron africain. Rares sont ceux d’entre eux qui font la différence entre leurs humeurs et la fonction de dirigeant liée au respect du collaborateur.
Mais ce sentiment de liberté n’est pas forcément le reflet de la réalité. Je reprends les propos d’un entrepreneur qui dit ceci : « Être notre patron, c’est notre client, qu’il faut satisfaire à 200% et pire, si l’entreprise a des investisseurs…. Il faut se montrer disponible, parfois même en dehors des horaires conventionnels de travail, et bien sûr fournir un travail de qualité. Oui, car à la différence d’un salarié, nous n’avons pas de rémunération fixe, et rien n’empêche un client de changer de prestataire s’il n’est pas satisfait par la qualité du travail, s’il vous trouve trop cher, ou encore si vous n’êtes pas suffisamment réactif et disponible à ses yeux ». Cette transition de salarié à la vie entrepreneuriale est difficile.

Autre difficulté, c’est de trouver une équipe dynamique, avec le système éducatif actuel qui est complètement dépassé. Tu es obligé d’investir dès le début dans la formation de ton équipe, leur inculquer cette idée, ce gène d’être acteur et partisan de la réussite de ton entreprise reste un défi énorme. Pour la plupart d’entre eux, le slogan est : « l’entreprise c’est pour le patron. Il fait ce qu’il veut, nous ne sommes que des employés ».

L’autre difficulté, c’est le manque de vision de nos dirigeants, qui n’accordent presque pas d’importance à ceux qui se cassent la tête pour créer de l’emploi, qui apportent un changement dans la vie des gens tous les jours.


« Être notre patron, c’est notre client, qu’il faut satisfaire à 200% et pire, si l’entreprise a des investisseurs…. Il faut se montrer disponible, parfois même en dehors des horaires conventionnels de travail, et bien sûr fournir un travail de qualité. Oui, car à la différence d’un salarié, nous n’avons pas de rémunération fixe, et rien n’empêche un client de changer de prestataire s’il n’est pas satisfait par la qualité du travail, s’il vous trouve trop cher, ou encore si vous n’êtes pas suffisamment réactif et disponible à ses yeux « .


MODELE DE REUSSITE : Parler-nous de votre entreprise, TINKISSO-ANTENNA.          La mission de Tinkisso, c’est contribuer de manière efficace, durable et mesurable aux efforts du gouvernement guinéen pour l’amélioration de la santé des personnes démunies et/ou vulnérables principalement à travers le marketing social des produits et services de santé, la communication pour le changement de comportement et le partenariat actif avec l’Etat, le secteur privé et les autres intervenants dans le domaine de la santé en Guinée.

Notre vision est d’être un partenaire actif du gouvernement en tant qu’organisation forte et performante œuvrant pour l’amélioration significative et mesurable de la santé des populations démunies et/ou vulnérables.
Ainsi, Tinkisso aspire à une Guinée dans laquelle, les démunis et vulnérables ont la capacité et l’opportunité de prendre le contrôle de leur santé et accéder de façon équitable aux produits, services et informations de qualité en vue de la réduction significative des maladies prioritaires.

MODELE DE REUSSITE : Lequel de vos projets a eu plus d’impacts sur la vie des Guinéens ?

La production des produits hygiéniques notamment le ‘’Sur Eau’’ et le chlore pour  l’amélioration de la qualité de l’eau partout dans le pays, l’installation des appareils de productions de chlore dans les formations sanitaires pour la lutte contre les maladies infectieuses, car on ignore que certains patients contractent des maladies par méconnaissance, une fois admis dans les soins de santé.
À cela, s’ajoute l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, qui sont admis dans nos locaux, formés gratuitement par un groupe d’expert (théorie associée à la pratique sur le terrain).                                   Ces jeunes dont la plupart veulent entreprendre ont besoin de coach, de mentor. Au lieu de passer tout son temps à critiquer leur niveau dont ils ne sont responsables, l’idéal serait de les aider à trouver une orientation sur leurs avenirs et projets futurs.

MODELE DE REUSSITE : Comment parvenez-vous à participer au développement socio-économique de la Guinée ?

Étant un acteur dans la survie de la mère et de l’enfant, avec une centaine d’employés,  favorisant l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, je pense que nous contribuons à notre manière pour faire avancer ce pays même si certains ne voient pas immédiatement l’impact. Le développement est un processus et les Guinéens ne le perçoivent pas comme ça malheureusement pour l’instant. On veut tout et maintenant sans effort.

MODELE DE REUSSITE : Selon vous, pourquoi il est important d’entreprendre ?

Plutôt que de faire un travail que l’on apprécie pas forcément, et cela, pour la survie, ce qui est le cas de beaucoup de Guinéens,  Vous pouvez avec votre entreprise choisir un secteur d’activité qui vous plaira. Personne n’est bête dans cette vie, chacun de nous est un génie et je le dis souvent que personne n’est sur terre par simple hasard, à toi de chercher et j’en suis sûr que tu trouveras. Ainsi, vous pourrez sentir l’épanouissement. Vous donnez du sens à votre vie, ça permet de voir qu’un autre choix de vie est possible.


« Personne n’est bête dans cette vie, chacun de nous est un génie et je le dis souvent que personne n’est sur terre par simple hasard, à toi de chercher et j’en suis sûr que tu trouveras. »


MODELE DE REUSSITE : Qui est votre personne de référence (votre modèle) ?

C’est l’incorruptible actuel gouverneur de la banque centrale du Kenya, Patrick Njoroge. A  la fin de chaque mois, Patrick donne une grande majorité de ses revenus aux pauvres et ne garde que ce qui lui est nécessaire pour vivre. Si tout le monde agissait ainsi, le monde serait en paix. Je ne comprends pourquoi quelqu’un peut avoir 1 MILLION de dollars en banque avec tous les privilèges et tu as tes voisins qui cherchent de quoi manger pour survivre.

MODELE DE REUSSITE : Quel message avez-vous à livrer à la jeunesse africaine particulièrement celle guinéenne?

En termes de métier ou de travail : suivez votre intuition et votre passion.
Comme le disait un jeune leader africain


« Si un métier est exercé sans passion ni réel désir, on court le risque de devenir un professionnel non performant, trop froid ou trop laxiste, dont l’humanisme n’est pas épanoui au quotidien ».


En tant que jeune, nous avons beaucoup de projets. Nous voulons à tout prix réussir dans nos études, dans ce que nous entreprenons, avoir une belle vie, avoir une belle maison, de belles voitures, aller en vacances dans des endroits fabuleux, aider nos familles, etc. et bien d’autres. Mais une question nous traverse toujours l’esprit : comment faire pour y arriver ? La réponse à cette question n’est pas facile, mais elle n’est pas aussi difficile. Néanmoins, elle exige une démarche. Commencez par écrire ce que vous voulez, matérialisez votre idée sur du papier et faites comme si vous l’avez déjà réalisée. En vérité, quand nous croyons positivement, nous attirons ce dont nous avons besoin vers nous. Vous allez sûrement vous poser la question de savoir  » EST-CE SI FACILE ET SI SIMPLE ? « . C’est vrai qu’il y a beaucoup de difficultés (manque de moyens financiers, absence de soutien, peu d’encouragements entre autres). Mais est-ce une raison pour baisser les bras ? Je ne pense pas. Quel que soit ce qui se passe dans notre vie, c’est nous qui l’animons selon nos options et les moyens dont on fait usage. Ainsi, nous envoyons des images qui nous reflètent. Ce qui veut dire que, si nous ne voyons que le côté négatif, nous aurons que du négatif. Mais, si nous voyons les choses positivement, alors nous les recevrons positivement. Faites confiance à Dieu, dites-vous qu’il a déjà exaucé vos prières, ce dont vous avez besoin, mais que cela marche selon son terme (tôt ou tard il s’accomplira)

MODELE DE REUSSITE : Quelle est votre perception sur le groupe de médias modèle de réussite ?

Concernant MODELE DE REUSSITE je pense qu’il faut se féliciter de tout ce que vous faite. Des jeunes qui se fixent pour objectif de promouvoir les talents locaux, de mettre en valeur une partie de cette jeunesse qui se bat pour créer de la valeur partout dans ce pays…. ne peut être que soutenu et encouragé. Vous faite la différence et ça c’est de l’innovation.

Votre mot de la fin
Je vous remercie pour tout et encore merci

                                                                                    Maciré MARA -Journaliste MODELE DE REUSSITE

 Message de MODELE DE REUSSITE :
Combien d’ONG naissent en Guinée tous les jours et pour quel résultat ?
Combien d’associations connaissent la dissolution au moindre obstacle ?
Le parcours de CAMARA Aboubacar à travers l’ONG TINKISSO doit servir d’exemple à tous ceux qui sont passés à côté de leur rêve dans la vie associative,  ou qui ont eu l’idée de créer sans jamais passer à l’acte.
Allez, foncez, ne cherchez pas à réinventer la roue, inspirez-vous de ceux qui ont déjà réussi.
« Comme Aboubacar CAMARA, vous pouvez aussi réaliser vos RÊVES »

#Ayez le courage de faire le premier pas, et la foi inébranlable de ne jamais, jamais, jamais ABANDONNER. Groupe de médias MODELE DE REUSSITE.

Groupe de médias MODELE DE REUSSITE

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