Algassimou DIAKITE – De vendeur de boucles d’oreilles à PDG de DIAKELEC, un parcours hyper inspirant et motivant.

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 » Pour réussir, c’est simple. Ce n’est pas de la magie, ni du maraboutage. Il suffit juste d’avoir un bon cœur, faire preuve de courage, d’honnêteté et de chercher la  bénédiction des parents. »

Suivez le parcours inspirant d’un homme dont le seul rêve est l’avenir de son pays.

MODELE DE REUSSITE: Parlez-nous de votre enfance ?

Algassimou DIAKITE : Je m’appelle Algassimou DIAKITE. Je suis né en 1973 à Dalaba dans la sous-préfecture de Kèbali, district de Kahel. Notre localité est beaucoup plus proche de la préfecture de Pita (à 14 km), c’est pourquoi beaucoup de gens pensent que nous sommes de Pita. Fils de cultivateurs, j’accompagnais mes parents au champ où j’ai appris à défricher ainsi que beaucoup d’autres activités champêtres.

MODELE DE REUSSITE: Qu’est-ce qu’on peut retenir sur vos études ?

Algassimou DIAKITE : Vers l’année 1987, on m’a fait entrer à l’école. J’ai étudié de la première en troisième année (école primaire). De passage pour la quatrième année, j’ai demandé à ce qu’on m’envoie faire les vacances à Conakry. Une fois arrivé, je décide finalement d’y rester pour faire quelque chose, car mes ambitions étaient telles que je ne pouvais pas continuer les études jusqu’à la fin. La principale raison, c’était que je voulais avoir les moyens le plutôt que possible pour aider mes parents et ma famille pendant qu’ils vivent.

MODELE DE REUSSITE: Après avoir tourné la page concernant les études, qu’avez-vous choisi de faire pour réaliser vos ambitions ?

Algassimou DIAKITE : J’ai commencé par vendre des boucles d’oreilles (pour Femmes) de 7h à midi. Je côtoyais les vendeurs de légumes pour vendre mon produit. A 16h, je me rendais à la gare routière de Kindia située au grand marché de Madina jusqu’à 23h où j’étais face à des femmes qui partaient au village. Un temps après, vers 1992, un beau frère qui vendait du matériel électrique sur une table à Madina, m’appela pour l’assister dans la vente. Je restais toute la journée pour vendre et c’est là que j’ai appris à me familiariser avec cette activité. J’ai fait progresser l’activité. Avec le rendement, le frère commençait déjà à voyager au Nigéria. Un beau matin, ayant été flexible à des gens qui lui conseillaient à ma défaveur, il m’a demandé de quitter. Ce fut un coup dur. Mais je me suis dit que je suis un homme, rien n’est tard ; je vais me battre pour gagner ma vie.

MODELE DE REUSSITE: C’est de là qu’est née votre entreprise ?

Algassimou DIAKITE : Non, avant cela, compte tenu des relations que j’avais décrochées lorsque je vendais pour ce monsieur, j’avais la possibilité d’aller prendre de la marchandise avec ces gens pour vendre. J’ai trouvé quelqu’un qui m’a crédit cinq cent mille (500 000) GNF, et un autre ouvrier qui voulait aller à la retraite m’a donné sa table de 0,50 cm en location juste à côté de la place de mon beau. Avec l’argent que j’ai obtenu à crédit, j’ai payé la location d’un an d’avance en raison de vingt mille (20 000) GNF par mois. Le reste de l’argent a servi à l’achat du matériel électrique. Pendant que mon jeune frère gérait cette place, moi je partais vers les gens qui voyageaient à Hong Kong et au Nigeria prendre des stabilisateurs avec eux pour aller revendre aux détaillants qui se trouvaient au marché Niger à côté de la banque U.B.A et à ceux qui se trouvaient à l’immeuble Sall. Ce qui m’a permis à partir de janvier 1996 de voyager au Maroc pour acheter du matériel électrique et des vêtements. En 1997, j’ai construit la première maison pour mes parents au village.

MODELE DE REUSSITE: Comment s’est passée la suite ?

Algassimou DIAKITE : De 1998 à 2003 je voyageais à Dubaï et un peu en Turquie. Entre temps, j’ai construit à Lambanyi où j’ai déménagé avec mes frères. De 2004 à 2008 je voyageais à Hong Kong, Chine et Dubaï. Je faisais des commandes pour avoir de la bonne qualité. Mais à un moment donné, j’ai remarqué que le marché était inondé de produits piratés qui sont vendus à des bas prix. J’ai finalement décidé de changer de stratégie pour conserver la qualité de mes produits.

MODELE DE REUSSITE: Quel est le motif de se détacher de Madina et faire son entreprise ailleurs ?

Algassimou DIAKITE : En 2010 je me suis dit que la meilleure option serait de créer une entreprise, me détacher de Madina, trouver un lieu où je peux faire le dépôt et la vente des produits de qualité. A cet effet j’ai ouvert un magasin à Coleah. En plus de la qualité que je cherchais, l’autre motif de la création de cette entreprise, c’était la pérennité, c’est-à-dire un système qui marche même après moi.

MODELE DE REUSSITE: Parlez-nous des produits et services que votre entreprise offre à la clientèle ?

Algassimou DIAKITE : Après un an de négociations, j’ai obtenu l’accord des responsables de NEXANS pour pouvoir importer « les câbles Nexans ». Pour apporter une innovation, nous avons directement décidé d’offrir une formation à 300 électriciens guinéens en association avec l’entreprise partenaire qui est NEXANS. Pour nous rassurer de la réussite de la formation, nous avons pris en charge tous les frais. L’objectif était d’améliorer leurs compétences dans le travail, leur montrer le danger qui se trouve dans le mauvais matériel et de leur faire comprendre l’importance d’utiliser des bons câbles et une bonne installation pour les bâtiments. Ensuite, vient la marque LEGRAND dont je suis le représentant ici en Guinée. Là aussi, j’ai demandé au partenaire d’offrir aux électriciens des formations. La 3ème marque c’est SCHNEIDER.

MODELE DE REUSSITE: Une entreprise qui doit fonctionner sans vous, ou même après vous, se doit un bon organigramme ?

Algassimou DIAKITE : Oui bien sûr. J’ai mis en place une équipe d’intellectuels qui peuvent faire fonctionner correctement l’entreprise. D’ailleurs, le DAF qui est là, vient du Canada après 20 ans d’expériences et les autres sont tous diplômés. Faites un tour, vous trouverez aussi que presque toutes les ethnies et toutes les religions sont là. Une façon de dire que ce n’est pas une entreprise familiale mais guinéenne.

MODELE DE REUSSITE – DIAKELEC

MODELE DE REUSSITE: Etant donné que vous n’êtes pas le seul fournisseur de matériel électrique sur le marché, qu’est-ce qui vous a permis de garder une place de choix ?

Algassimou DIAKITE : Dans cette vie, chacun a son choix, son mode de vie, sa manière de penser et de faire. Je ne critique pas autrui, je m’occupe plutôt à m’améliorer tous les jours. Je fais en sorte de maintenir la bonne qualité de mes produits, une bonne organisation dans mon entreprise et un meilleur service aux clients.

MODELE DE REUSSITE: Parlez-nous des difficultés que vous avez traversées ?

Algassimou DIAKITE : En plus de cette difficulté que j’ai connue au début, mon souci c’est que mes moyens sont encore petits par rapport à mes ambitions. J’ai commencé seul, sans avoir quelqu’un pour me donner les moyens. Si aujourd’hui, j’avais un bon appui, j’allais élargir cette entreprise en vue de favoriser l’emploi.

 

MODELE DE REUSSITE: Vous êtes un véritable self-made man, alors qu’avez-vous à dire à tous ces jeunes qui pensent que le manque d’argent est un obstacle majeur qui les empêche d’entreprendre ?

 » Les jeunes qui pensent que, s’ils n’ont pas d’argent, ils ne peuvent pas travailler, se trompent. »   

Ils doivent s’armer de courage et de persévérance car personne ne naît avec de l’argent. Même les jeunes qui ont trouvé leurs parents riches doivent comprendre que ces derniers ont peut-être commencé très petit. Ce qui manque à la plus part des jeunes guinéens c’est la volonté de travailler et le courage. Pour être plus bref, je voudrais dire à chaque jeune qui veut créer son entreprise, d’accepter de commencer avec ce qu’il a et persévérer jusqu’à l’atteinte de son objectif.

MODELE DE REUSSITE: Aujourd’hui  l’immigration clandestine est un grand problème pour notre pays quel conseil avez-vous à donner à tous ces jeunes qui pensent que l’Occident est la seule solution ?

« Ceux qui pensent que l’occident est la seule solution se trompent sur toute la ligne ».

Pour moi, l’occident n’est pas la solution à la problématique d’emploi des jeunes ; car même ceux qui sont labà ont du mal à joindre les deux bouts. Imaginez un jeune qui risque sa vie par la méditerranée, même s’il réussit il vivra des années dans la clandestinité, c’est une énorme perte de temps pour lui et pour le pays. Par contre j’encourage les gens à y aller pour visiter, étudier, ou trouver d’autres opportunités  pour revenir travailler ici, car je crois fermement qu’il est plus facile de réussir chez nous qu’en occident. C’est d’ailleurs l’occasion pour moi, d’inviter les jeunes à plus de patience, et de rigueur dans leur travail, de se libérer de l’orgueil et de l’esprit de vouloir tout gagner tout de suite.

 

MODELE DE REUSSITE: Parlez-nous de vos perspectives ?

Algassimou DIAKITE : Ma première ambition est d’étendre ma structure dans la capitale et à l’intérieur du pays, afin de favoriser la création d’autres emplois. Si je gagne les moyens, dans les années à venir, je mettrai en place une fondation qui s’occupera des démunis : comme la mise en place d’une école digne de nom et un dispensaire pour les plus pauvres. Mon souci c’est d’aider le peuple Guinéen, diminuer le chômage. Car si j’avais voulu la belle vie, je pouvais avec mes moyens aller en occident pour y vivre, mais je préfère rester ici pour servir ma nation.

MODELE DE REUSSITE : Selon vous quel est le secret de la réussite ?

Algassimou DIAKITE : Pour réussir, c’est simple. Ce n’est pas de la magie, ni du maraboutage. Il suffit juste d’avoir un bon cœur, faire preuve de courage, d’honnêteté et de chercher la bénédiction des parents.

« Pour réussir, c’est simple. Ce n’est pas de la magie, ni du maraboutage… »

MODELE DE REUSSITE: Un conseil pour les jeunes

Algassimou DIAKITE : Je demande à tous les jeunes de faire un changement de mentalité, avoir de la bonne foi. Que les jeunes sachent que la seule chose qui va nous aider c’est de s’aimer, de se donner les mains, s’accepter et prendre le courage.

« Je demande à tous les jeunes de faire un changement de mentalité, avoir de la bonne foi. »

MODELE DE REUSSITE: Qui sont vos modèles ?

Algassimou DIAKITE : Monsieur Kerfalla CAMARA – K.P.C (PDG du Groupe GUICOPRES SA) est mon modèle numéro 1 parmi les jeunes entrepreneurs guinéens ; à cause de l’amour qu’il a pour sa patrie et pour les jeunes. Elhadj Saliou PDG du Groupe SONOCO est un autre modèle pour moi. Il se bat pour créer de l’emploi, il n’est ni hautin, ni ethnocentrique.

MODELE DE REUSSITE: Quelle est votre perception du groupe de médias MODELE DE REUSSITE ?

Algassimou DIAKITE :

« C’est un groupe de médias à apprécier et à encourager. Si j’ai accepté de vous livrer tout mon parcours, c’est parce que j’ai confiance à ce que vous faites. J’apprécie beaucoup votre démarche. »

MODELE DE REUSSITE: Nous vous disons merci

Algassimou DIAKITE : Je vous remercie.

MESSAGE DE MODELE DE REUSSITE

 » L’absence de diplôme ne justifie pas l’échec. Quel que soit votre niveau de  formation académique, si vous voulez réussir, vous pouvez aboutir à condition de poser des actes concrets jour après jour ‘.Cette leçon de morale nous a été révélée à travers le parcours de ce monsieur qui, malgré les épines qui se sont posées sur son chemin à l’aube de son parcours, s’est  montré invaincu.’’

« Comme Algassimou DIAKITE, vous pouvez aussi réaliser vos rêves »

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