Qui est Dr Bano BARRY ? Un des plus grands SOCIOLOGUES de la Guinée.

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Peu importe votre lieu de naissance vous pouvez aussi réussir !!! Né dans un village qui ne contenait que quatre (4) ou cinq (5) cases, ce monsieur est aujourd’hui une icône Nationale.

Selon lui : « Un pays ne s’enrichie pas par son sol et son sous-sol mais par ses femmes et ses hommes. La qualité des ressources humaines d’un pays détermine son progrès, il n’y a pas de pétrole ni de bauxite au japon mais c’est la deuxième ou la troisième puissance  industrielle mondiale »

Pour plus de détails  sur lui, notre Rédaction est partie à la rencontre de celui qui est actuellement professeur chercheur de sociologie à l’université Général Lansana Conté de Sonfonia. 

Parlez-nous de votre enfance ?

Ah c’est difficile étant donné que j’ai déjà pris de l’âge, c’est difficile de raconter toute ma vie. Bon !  Je suis né dans un village qui s’appelle « socy », où il n’y a pas plus de quatre (4) à cinq  (5) cases. C’est le village de ma mère, qui était le lieu d’habitation de mon grand-père, il ya de cela très longtemps et j’ai fait ma scolarité en suivant le parcours de mon père qui était fonctionnaire. Avec lui, j’ai eu la chance de connaitre à peu près toutes les préfectures du pays.

Parlez-nous à présent de vos études ?

j’ai étudié à Macenta, Mali, Gaoual, Koundara, Tougué, Forécariah et Boffa. J’ai fait le tour du pays pour l’école primaire, le collège et lycée et puis j’ai obtenu le Baccalauréat à Labé et j’ai été orienté en agronomie mais je ne voulais pas. J’ai perdus deux ans parce que je voulais fairephoto-bano autre chose. Je ne pensais pas être capable d’être agronome, j’ai été transféré, je suis venu à Conakry et je voulais faire Droit, j’ai trouvé que la faculté de  Droit a été fermée  et puis par la suite j’ai obtenu avec l’aide d’un de mes oncles maternels  la chance d’être orienté en science sociale, et j’ai perdus à peu près quatre mois avant que mon transfert ait lieu. Je suis venu trouver que les gens avaient déjà étudié pendant  quatre mois ; j’ai continué mes études et en troisième (3) année, j’ai fait un concours d’accès à l’enseignement supérieur que j’ai décroché. Orienté en anglais, j’ai renoncé parce que dans la salle il y avait un effectif de quarante(40) étudiants dont j’étais le seul garçon à force de regarder les filles je risquais de devenir fille. Par la suite j’ai été réorienté en langue Française. Considérant que j’avais une très bonne base en français, je voulais faire philosophie et en fin de compte on m’a amené en sociologie. A la fin de mes études j’ai soutenu pratiquement l’année qui a suivi ma sortie.

J’ai postulé comme beaucoup d’autres guinéens, il y avait plus de quatre-vingt-dix candidats en Guinée a une bourse d’excellence de l’université d’OTAWA au Canada et j’ai été le seul retenu en Guinée, je suis parti au canada où j’étais parmi les neuf (9) boursiers de l’Afrique du Sud du Sahara, je suis parti à OTAWA  où j’ai fait mon master.

Je suis revenu en Guinée j’ai travaillé une année, puis j’ai obtenus encore une autre bourse d’excellence de la Francophonie je suis parti à Montréal  où j’ai fait ma thèse de Doctorat et j’ai soutenu en Février 1998 et en mars j’étais à Conakry et j’ai commencé à travailler à l’université comme enseignant.

Etant  aujourd’hui enseignant chercheur à l’université, avez-vous traversé des moments difficiles, c’est-à-dire des périodes de galère?

Oui ! J’ai connu des moments de galère. Ecoutez, quand je faisais l’université entre la première et la troisième année, j’avais une cabine ; à l’époque il n’y avait pas de bourse. A la cantine, on ne mangeait pas dans les assiettes, mais des gros bols en aluminium. C’est dans ça qu’on nous servait le riz chaud, donc il fallait se battre pour manger. En plus, pour boire le café, c’était des boîtes de guigouse qu’on amenait à la cantine et de l’eau colorée avec quelque chose qui ressemble à du lait et un petit morceau de pain qu’on appelait chicome , tellement que le pain était dure, on était obligé de plonger le pain à l’intérieur du café chaud pour pouvoir le consommer . D’ailleurs en troisième année, pendant le changement du régime en 1984 on a sorti nos bols de riz pour  les déposer dans la rue et des militaires ont vu ces bols qui ressemblaient aux bols de riz du camp Boiro. En fin,  ils ont envoyé une société qu’on appelle SARECO qui a commencé à servir le manger dans les assiettes. C’était le paradis pour les étudiants.

Vos étudiants sont fiers de la manière dont vous dispensez votre cours, parlez-nous de votre pédagogie ?

Je prépare le cours comme si je ne l’avais jamais enseigné. Quand je prends la décision d’enseigner un cours, je passe entre quatre et cinq heures entrain de fouiller des documents, de rechercher des informations et de me préparer avant d’aller en classe, ça veut dire que chaque année que s’enseigne c’est diffèrent de l’année précédente. Si vous suivez deux deartworks-000119962122-kvxo3i-t500x500 mes cours, vous apprendrez quelque chose de nouveau, parce que tous les jours, je cherche à qualifier, à améliorer les informations complémentaires pour rende plus performant mon enseignement. J’ai appris par la pédagogie que l’étudiant apprend autant. J’essaie donc dans une situation de classe d’amener toujours les étudiants à  la fois à voir en utilisant la vidéo projecteur, par ma parole mais aussi par les textes que je donne. J’utilise aussi  les textes par fichier électronique pour amener souvent les étudiants à lire les éléments dans les textes.

Plus ils vont découvrir qu’il y a du savoir  dans les ouvrages, plus ils seront intéressés à apprendre. Matériellement, l’enseignement c’est aussi de l’art, c’est-à-dire qu’il faut combiner une période de dispersion, une période de sérieux  et une période de colère. La combinaison de ces éléments fait qu’il y ait à  la fois sérieux et gaieté dans votre cours. Il faut savoir rire avec les étudiants, les amener à se détendre tout en continuant à être sérieux en classe.

Etes-vous entrain de préparer d’autres étudiants qui seront comme vous dans l’avenir ?

Oui parce que nous avons lancé un master en socio-anthropologie de la santé, nous sommes en train de négocier avec d’autres institutions encore ; et nous allons aussi ouvrir un autre master en sociologie de l’éducation. On veut avoir au moins trois masters de sociologie, après ça nous allons ouvrir un doctorat.

Est-ce que depuis votre retour dans le pays en 1998, vous avez aussi aidé d’autres guinéens à aller à l’étranger dans le cadre des études ?  

De 1998  à jusqu’aujourd’hui  au minimum j’ai aidé plus de quatre-vingts jeunes Guinéens à aller à l’étranger pour faire le deuxième et troisième cycle.  Mais malheureusement quand ils vont à l’étranger, c’est-à-dire en Europe « fotéta » ils ne rentrent jamais. D’ailleurs c’est ce qui fait qu’aujourd’hui je change de stratégie, au lieu d’aider les gens à aller,  je préfère maintenant que l’essentiel soit fourni sur place, c’est-à-dire envoyer les professeurs de l’étranger pour venir en Guinée parce que le Guinéen croit qu’il n’y a de bonheur qu’ailleurs.

A votre avis, quels sont les véritables problèmes de l’éducation Guinéenne ?

 L’école Guinéenne est malade depuis très longtemps et chaque année qui passe si on ne la reforme pas elle va continuer à sombrer.                                                                    – Premièrement ; l’éducation guinéenne souffre de la faible maîtrise de la langue française, les élèves guinéens de façon générale parlent mal le français  mais cela est dû au fait que les enseignants  eux-mêmes ne s’expriment pas bien. Ceux du primaire, du secondaire, ne sont pas en mesure de communiquer dans les lieux d’apprentissages.         Oui c’est aussi la démission de la famille, car elle ne met pas les moyens nécessaires pour l’encadrement de l’enfant.                                                                                                     –Deuxièmement ; le système éducatif, jusqu’à présent nous sommes dans une école scolastique, c’est-à-dire on apprend d’avantage aux enfants à réciter, à répéter, et non pas à construire. Ça veut dire que quand vous demandez à un Guinéen de répéter ce qu’il a appris, il est très fort.  Mais quand il est question pour lui de produire du savoir original, quelque chose du nouveau en fait de faire de la sauce, il n’est pas capable mais il est capable de manger.                                                                                                                                -Et troisièmement ; c’est l’utilisation des ressources : on met beaucoup d’argent dans des choses qui sont extérieures au système et qui n’aide pas le système notamment les bourses d’entretien, il est préférable d’orienter cet argent pour améliorer le système en renforçant les infrastructures plus tôt que de donner des bourses a des milliers d’étudiants et au finish, à la sortie ils restent dans une situation de chômage pendant 15 ou 20 ans .

Les universités ne sont pas des universités privées parce que 99,99% des ressources des universités privées viennent de l’Etat et un secteur privé qui se greffe à l’Etat n’est pas un secteur privé et coûte énormément cher à l’Etat Guinéen donc, c’est une mauvaise utilisation des ressources financières  de l’Etat.

L’école Guinéenne est malade parce tout simplement nous n’avons pas une politique de formation des formateurs à la fois en français, en pédagogie mais aussi du point de vue de la science.

Etant un sociologue de profession quelle solution peut-on envisager pour l’éducation Guinéenne ?

Je peux vous garantir que la solution nous l’avons déjà. Il y’a un certain nombre de travaux, nous faisons partie d’une commission qui a été mise en place, qui réfléchit là-dessus ; je peux vous garantir que d’ici fin 2017 il y aura des mesures qui seront prises et qui pourront amener en réalité à qualifier le système éducatif. Parce que je vais vous dire une chose : un pays ne s’enrichie pas par son sol et son sous-sol mais plutôt par ses femmes et ses hommes, la qualité des ressources humaines d’un pays détermine son progrès, il n’y a pas de pétrole ni de bauxite au japon mais c’est la deuxième ou la troisième puissance  industrielle mondiale.

Vous êtes aujourd’hui un modèle de réussite dans le domaine sociologique en Guinée et d’autres jeunes veulent être comme vous, un conseil pour eux.
Mais c’est très facile, écoute en première année, avant de commencer les cours de la première année, je connaissais le programme par cœur, avant d’être en deuxième j’ai utilisé les vacances pour préparer les cours et j’ai fait la même chose durant tout mon cycle. Pendant les cinq (5) ans, je n’ai pas dansé, je n’avais pas de copine, j’étais entre la salle de classe et les amphis pour la révisions ; j’ai surtout travaillé énormément dans deux disciplines en français et en philosophie. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui même au moment où nous parlons je peux enseigner le français et la philosophie à l’université. D’ailleurs je suis autant à l’aise ou plus en philosophie qu’en sociologie. On ne peut pas être un bon sociologue sans avoir une très bonne base en philosophie et en français et surtout en statistique. Il faut travailler, la vie est un choix, il faut savoir ce que l’on veut. Lorsque vous voulez être performant à l’école, c’est une activité continue ; il n’y a pas de repos, vous apprenez matin, midi, soir  et la nuit et vous écrivez tout le temps. Plus vous le faites, plus vous devenez performants, parce que dans l’éducation ce n’est pas ce que l’enseignant dit qui est important, c’est ce que vous-mêmes êtes capables de faire a partir de votre propre lecture, réussir c’est cela, et puis le reste il faut avoir du temps. Je n’étais pas performant au départ, c’est avec le temps que je me suis amélioré et que j’ai pu produire des résultats. A force de lire, d’apprendre et j’apprends toujours. Parce que le cerveau contrairement à la machine, plus vous l’utilisez, plus il se développe alors que la machine est tout autre. Donc la réussite, c’est l’effort continue, la volonté d’apprendre  et de se performer, pas être en compétition avec quelqu’un mais avec soi-même. Je ne savais pas faire quelque chose hier, aujourd’hui je suis capable, voilà le secret de la réussite.
Quels sont vos perspectives pour les cinq (5) années avenir ?

Ecoutez, en général, avoir au minimum trois masters en sociologie, deux ou trois laboratoires de recherche pour changer l’école Guinéenne, pour faire d’elle une école de qualité, capable de produire des richesses Nationales et non pas des de menteurs. Œuvrer vers la satisfaction des besoins du pays avec des enfants qui savent dès la maternelle et le primaire lire, écrire, compter et parler en français.

www.modeledereussite.com vous remercie !

C’est moi qui vous remercie !

Jean Tiby SANGARE

                                                                                        pour www.modeledereussite.com                  

                  

 

 

 

 

 

 

 

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