Qui est Elhadj Mamadou Diouma Bah ? Celui qui marchait des kilomètres pour se rendre à l’école, est aujourd’hui Fondateur d’un grand Institut Universitaire en Guinée

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Votre quotidien www.modeledereussite.com part à la découverte d’un modèle qui pose jour après jour des actes en Guinée.

Pour connaitre son histoire, il a accordé une interview à l’un nos reporters.

 Qu’est-ce qui a marqué votre parcours académique ?   

Elhadj Diouma : Je me nomme El hadji Mamadou Diouma Bah; je suis  un agronome de profession et originaire de la préfecture Pita où j’ai fait mes premiers pas. Après le cycle secondaire j’ai été orienté à Pita ; à l’époque où tous les admis du Baccalauréat étaient repartis dans toutes les facultés de Guinée, donc j’ai été orienté en faculté des sciences agronomique et j’y ai fait trois (3) ans. Au concours d’accès au deuxième degré j’ai été le premier de ma préfecture et au niveau national j’étais le major; suite à cela, j’ai donc été orienté à Faranah en 1982  pour continuer le deuxième degré. Deux semaines  après, j’ai bénéficié d’une bourse d’Etat pour aller faire le reste de mes études en République populaire démocratique de Corée  et nous étions dix (10) camarades, c’est-à-dire les dix (10) meilleurs de la Guinée. el-djouma-photo-ancienneNous sommes allés en Corée du Nord de 1982 à 1987. J’ai fait mes études à l’institut agronomique de Wang Sonne  où j’étais dans le département de Biologie et dans le programme de la génétique appliquée donc je suis ingénieur agronome et j’ai soutenu ma thèse dans « l’étude comparative de certaines variétés » et je suis sorti avec la mention Bien. Après la Corée du Nord je suis allé au japon, j’ai continué à l’université Scooba où j’ai fait des études en génétique appliquée. Après ces études je suis resté au japon un peu parce que c’est un pays qui m’a façonné.

Pour quelles raisons aviez-vous choisi d’y rester ?

Elhadj Diouma : Je suis resté au Japon pour travailler pendant trois (3) ans, ensuite je suis allé m’installer à Hong-Kong  où j’ai créé une entreprise qui s’appelait Afrique-Asie Import & Export et donc j’ai travaillé pendant un an  labà en qualité de consultant dans les affaires commerciales. Comme vous le savez beaucoup d’opérateurs économiques Guinéens et Africains viennent à Hong-Kong pour les achats et moi je servais d’intermédiaire entre ces hommes d’affaires et les entreprises chinoises. C’est là que l’idée de retourner en Guinée et de créer ma propre entreprise est venue, donc je suis revenu en 1993.

Quand vous êtes rentrés, vous-êtes-vous directement mis à la tâche ?

Elhadj Diouma : J’ai immédiatement créé mon entreprise Société Guinéo-sénégalaise commerce et  transport qui s’occupait du commerce et du transport. Nous exportions du café de la guinée vers le Sénégal et des véhicules de l’Europe vers la guinée. A partir du japon nous importons des motos et des pneus vers la guinée, quelques années après j’ai créé une société de transit maritime qui s’appela MIMOKAN. J’étais associé avec d’autres guinéens et après j’ai encore créé une nouvelle société dénommée Etablissement  Foly et Balkan et plus tard j’ai participé à la création d’une entreprise qui est encore en service TT BAILO DJAKAN qui évolue dans le domaine transport des produits pétroliers  et c’est en 2004 que j’ai décidé avec deux de mes amis de créer l’Institut des Hautes Etudes de Guinée sise à simambossia dans la commune de Ratoma.

Comment vous-êtes-vous retrouvé dans le domaine éducatif après tout votre parcours ?

Elhadj Diouma : Ça m’a toujours façonné. Comme je vous l’ai expliqué, j’ai bénéficié d’une bourse d’Etat où j’ai suivi une formation gratuite, je me suis toujours posé la question de savoir par quel moyen je vais rendre service  à mon pays, d’où la nécessité pour moi  d’évoluer dans le secteur social. C’est pourquoi je suis allé à l’éduction pour investir et aider mon pays à former la nouvelle génération afin de leur donner une meilleure  formation.

 Avez-vous connus des difficultés dans votre vie. ?    

Elhadj Diouma : Naturellement dans la vie on ne peut pas réussir sans difficultés, oui pour la petite histoire d’abord à Pita  le fils d’un paysan que j’étais, mes parents n’avaient  pas de moyens et notre école se trouvait très loin de notre village. Chaque matin, je faisais quatre (4) kilomètres  avec des allées et retours pour me rendre à l’école. A l’âge de 7ans, c’était difficile  surtout que c’était l’école de la révolution où on devait étudier et faire des travaux  de la révolution. Nous avons connu beaucoup de difficultés mais avec l’encouragement des parents nous sommes allés jusqu’au bout.

Votre petit secret de réussite ?

Elhadj Diouma : Il faut toujours écouter les parents et les formateurs. Si tous ceux-ci vous disent que vous avez de l’avenir, prenez  du courage, c’est au bout de l’effort que vous allez réussir il n’y a pas de miracle. Moi mon secret de réussite je le dois à mes parents parce que c’est eux qui ont accepté de se sacrifier pour que je puisse réussir et particulièrement ma Maman qui avait toujours mené la lutte.

Un mot pour les jeunes.  

Elhadj Diouma : Je dirai à tous les jeunes guinéens grâce à mon pays j’ai visité à peu près tous les pays du monde, j’ai fait l’Asie je connais une bonne partie de labà, l’Amérique, l’Europe et le Canada aujourd’hui la situation économique mondiale est catastrophique,  le chômage a atteint le sommet inimaginable à l’occident, le monde est une planète nous voyons à la télé  combien de jeunes meurent en tentant l’impossible, mais je pense que nous avons tout chez nous. Il suffit qu’on accepte de travailler, qu’on écoute les parents, de cultiver le civisme, la citoyenneté dans notre pays et qu’ensemble on se donne la main en tant que guinéen sans distinction d’ethnie, qu’on regarde le défi qui est en face de nous , nous avons un potentiel extrêmement grand dans notre pays ,beaucoup de plaines cultivables , nous avons un sous-sol riche et quatre régions naturelles distinctes par la culture et la religion , la civilisation etc. si nous mettons tout ça en valeur nous n’aurons pas besoin d’aller ailleurs on va réussir ici sur place. Je pense qu’on a tout dans notre pays pour ne pas aller mourir dans l’océan.

 votre vision pour l’éducation guinéenne.   

Elhadj Diouma : L’éducation doit être la préoccupation de tous guinéens. Tout à l’heure, nous avons dit que notre sous-sol regorge de beaucoup de richesses, mais si nous n’apprenons pas à transformer les richesses de notre sous-sol, les étrangers vont venir faire l’extraction de la matière première ils vont transporter chez eux, et après la transformation ils vont nous revendre deux fois plus cher au prix auquel on aurait vendus. En faisant de l’extraction et la transformation sur place cela va créer beaucoup d’emplois dans notre pays cependant cela ne peut pas se passer si les jeunes ne sont pas bien formés et quand vous voyez le niveau de nos enfants aujourd’hui je pense qu’il faut reformer notre système éducatif pour que les enfants soient performants à tous les stades de leur parcours académique.

 Votre mot de la fin.     

Elhadj Diouma : C’est la première fois que j’entends parler de ce genre de site en guinée mais j’apprécie l’initiative. Quand vous dites modèle de réussite et que vous partez à la recherche des personnes qui ont fait des  preuves, qui sont en place et que vous prenez toutes ces informations que vous obtenez  auprès de ces personnes pour mettre à la disposition de la nouvelle génération, je pense que le travail est salutaire et je vous encourage. A partir d’aujourd’hui je serai un des lecteurs fidèles.

JEAN TIBY SANGARE

Pour www.modeledereussite.com

 

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