Qui est Fana SOUMAH ? De simple présentateur de journal à Directeur Général Adjoint de la RTG.

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    « Je ne dis pas à quelqu’un qui veut venir dans ce métier de brouiller un peu et de quitter mais si tu veux gravir les échelons, être un brillant journaliste puis occuper des hautes fonctions, il faut être humble, c’est très important » souligne-t-il.

Notre Rédaction est partie à la découverte de l’un des meilleurs présentateurs du journal télévisé du pays.

Votre parcours académique.

Je m’appelle Fana SOUMAH, je suis le Directeur Général Adjoint de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne de KOLOMA, en même temps présentateur et reporter. Je suis né en 1969 dans la préfecture de Forécariah. J’ai commencé  à étudier à l’école primaire, le collège et jusqu’au lycée, mais je n’ai pas  achevé le lycée à Forécariah. J’y ai quitté, je suis venu  au lycée 2 octobre à Conakry. C’est là que j’ai fait le BAC et je suis rentré à l’université, option sociologie parce qu’en 1986 il n’y avait pas  le journalisme et l’économie ni le cours de droit, directement on nous a orienté en sociologie et vous savez, la sociologie et le journalisme c’est presque la même chose, il y a moins de différence ; donc j’ai fait la sociologie et j’ai soutenu avec une mention remarquable. Directement j’ai commencé à  faire mon petit stage à  la RTG de boulbinet  en 1994.

Parlez-nous du début de votre carrière.

Mon parcours professionnel, j’ai commencé d’abord par la Radio. C’est une occasion pour moi de dire à tous ceux qui veulent apprendre ce métier de  toujours commencer par la Radio, parce qu’à la radio tu apprends le ficèle du métier ; donc tu peux bien maitriser tous les contours. Pour cela, j’ai commencé en 1994 à la Radio et en 1996 j’ai commencé à présenter les flashs, les bulletins d’information de 16h15  et puis  les grandes éditions et en temps faire des reportages sur le terrain parce que je ne suis pas qu’un simple présentateur, j’étais aussi un bon reporter de terrain. Quand j’étais à la Radio, je voyageais beaucoup, je faisais le tour de la Guinée en fait, c’est ce qui m’a permis d’ailleurs de connaitre le pays profond. Donc la Radio en fait m’a fabriqué, j’ai trouvé des grands reporters à l’époque, des grands présentateurs, Mamadou Ba Diabaté, Aboubacar Cissé , Ben Daouda Sylla , Ibrahima Kalil Diakité , Ibrahima Ahmed Barry , Justin Morel Junior et le doyen Odilon Théa. C’était vraiment les grands talents à l’époque qui présentaient et qui m’ont permis vraiment de bien apprendre ce métier. C’est comme ça qu’on m’a forgé à la Radio et j’ai même eu des prix : prix du meilleur présentateur en 2003 et au même moment un des grands Ministre à l’époque Mamady CONDE, Ministre de la communication qui a été honnêtement séduit par ma façon de travailler, ne s’est pas retenu. Finalement il a décidé de m’amener à la télé  et c’est comme ça que j’y suis venu. Honnêtement je n’ai pas forcé le cas parce que je me sentais bien à la Radio et j’y étais très bien. Vraiment j’étais très fier quand je présentais le journal à la Radio, puis qu’on ne pouvait pas dire non à un Ministre à l’époque, il a décidé de m’envoyer à la télé.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier étant un sociologue de profession ?

Bon ! moi ce métier c’est ma vie en réalité, parce que quand j’étais déjà à l’école si vous connaissiez certains de mes amis, ils pouvaient bien vous témoigner, d’abord en classe excuse-moi j’étais très éloquent, je lisais bien lors des exposés et quand on avait un exercice d’exposé, la plus part de mes amis passaient par moi à cause de mon éloquence. En plus de cela, j’étais toujours accroché à la radio parce qu’à l’époque la télévision n’était pas bien développée. Difficilement quand tu as un petit téléviseur, c’est tout le monde qui venait  regarder, donc moi c’est la radio honnêtement qui m’a intéressé à l’époque. J’étais très jeune, il était très rare de voir un enfant qui avait un transistor et moi j’économisais tout ce que je gagnais pour avoir un transistor et j’ai grandi avec ça. Déjà à l’enfance j’écoutais plusieurs radios, c’est-à-dire quand j’ai la possibilité d’écouter, des grands journalistes à l’époque, leurs façons de travailler, de parler, de traiter des informations ça m’intéressait beaucoup dès mon jeune âge.

fanQuand vous présentez le journal parlé, beaucoup de guinéens sont contents de votre prestation, dites-nous votre secret.

Vous savez la télévision n’est pas donné à tout le monde. Evidement il y a assez de dérapages parce qu’on voit n’importe qui à la télé ; il y a des critères qu’il faut respecter pour y être. Moi personnellement si ce n’est pas que le Ministre m’ait obligé d’être à la télé  honnêtement ça ne m’intéressait pas. La télé c’est surtout le côté artistique qu’il faut vraiment développer. Non seulement il faut savoir lire, avoir la culture mais de plus savoir présenter un journal, gérer tout ça, vraiment il y a toute une pédagogie artistique à maitriser. Je suis venu à la télé, j’ai commencé à apprendre et puis  regarder ce que les autres font, parce qu’il  ne faut pas seulement dire : je vais regarder la télévision nationale. Tu peux aller ailleurs, voir vraiment d’autres talents qui peuvent t’inspirer et c’est comme ça. Petit à petit, j’ai commencé  à regarder par ci par là  des journalistes guinéens et étrangers. L’un d’entre eux Patric Poivre Davor qui m’a d’ailleurs beaucoup inspiré, qui présentait très bien sur TF1 et puis bien d’autres talents qu’on regardait et qu’on essayait d’imiter pour parfaire notre compétence.

Avez-vous eu des difficultés dans votre parcours ?

Quand tu vois un journaliste évoluer dis-toi que souvent le parcours est parsemé de difficultés. C’est inévitable parce qu’honnêtement, j’ai quitté la radio pour être à la télé, c’est la même maison mais c’est difficilement que j’ai évolué. Si je n’avais pas de talent on allait m’étouffer et puis m’enterrer. Mais j’ai lutté et j’ai trouvé des amis à la télé qui vraiment m’ont accompagné ; ils ont cru en moi et ils ont dit : « mais écoute, mon ami nous on ne peut pas t’abandonner ». Car quand le Ministre m’a envoyé, j’ai fait plus de trois (3) mois, je ne suis ni à la radio et ni à la télévision nationale, les gens ont dit que c’est le Ministre qui l’envoie alors ils n’ont pas voulu me recevoir. Il fallait utiliser toute sorte de pédagogie pour qu’on accepte de m’insérer et c’est petit à petit qu’on m’a inséré, enfin j’ai commencé la présentation.

Quelle appréciation faites-vous sur la presse guinéenne ?

La presse guinéenne est en profonde métamorphose. Il y a les medias traditionnels notamment la radio et la télé mais aujourd’hui il y en a d’autres tels que les réseaux sociaux. Honnêtement, c’est un grand défi pour nous les journalistes de medias traditionnels, parce qu’il ne faut pas seulement rester dans ce cadre-là. Je crois qu’en guinée la presse est en train de se développer et aujourd’hui il y a beaucoup de journalistes citoyens, notamment ce que vous faites c’est bien. Je pense que le métier avance, ça évolue mais qu’on doit aussi enseigner l’éthique et la déontologie parce que beaucoup viennent par amour mais ils doivent apprendre. Quand tu entres dans un métier il faut quand  même apprendre pour connaitre les ficelles du métier.

fana-prixQuels conseils pouvez-vous donner à cette génération qui aspire être comme vous ?

Pour ces jeunes qui veulent embrasser ce métier, c’est d’abord d’aimer le métier, le journaliste c’est quelqu’un qui se remet en cause tous les jours. Moi par exemple, je ne me dis pas que je suis le DGA de la RTG, mon combat c’est que je veux toujours garder le cap. Avec le titre de présentateur, j’ai eu assez de prix, mais je suis toujours la même personne et je reste humble. Je ne m’adresse pas à quelqu’un qui veut venir dans ce métier pour se débrouiller un peu et quitter, mais si tu veux gravir les échelons, être un brillant journaliste puis occuper des hautes fonctions, il faut être humble, c’est très important. Il faut beaucoup travailler, parce qu’il faut beaucoup lire et écouter c’est ça un bon journaliste. Souvent on constate qu’on peut mettre quelqu’un à la télé aujourd’hui demain matin il pense qu’il est une star. Il n’apprend plus. Pour lui, il est devenu un bon journaliste alors qu’il ne représente rien. Au lieu de chercher à maitriser le métier, il pense qu’il faut juste être là et présenter le journal, alors que ce n’est pas le cas. Une fois encore il faut apprendre, s’instruire, se cultiver, être humble. C’est très important si tu veux avancer.

A quoi peut-on s’attendre de la radio dans les prochaines années en tant que Directeur General Adjoint de la RTG ?

Oui au niveau de la Radiodiffusion-Télévision-Guinéenne on est en train de se battre, il y a longtemps qu’on a commencé ; on a créé le site mais ça n’aboutit pas. Il y a une question de moyens parce que le site il faut l’entretenir, on n’a pas ces moyens voyez-vous mais on est en train de se battre. Déjà on est en partenariat avec d’autres personnes pour pouvoir créer le site de la RTG et l’alimenter. Donc on se bat aussi pour que la RTG soit dans vos smart phones, partout vous pouvez regarder la télévision nationale, vous pouvez écouter la radio guinée c’est aussi vraiment notre défi dans les prochaines années.

logo-modele-de-reussite-copyComment appréciez-vous le premier site de modèle de réussite en guinée ?

 Moi je pense que, on doit encourager votre site parce que quelqu’un qui se bat pour sortir les talents, c’est déjà beaucoup. Voyez-vous donc quelqu’un qui s’intéresse à connaitre un modèle, à déceler ce modèle, moi je crois que c’est un acte à féliciter et à encourager. On doit vraiment vous booster pour que vous puissiez continuer à découvrir ces talents-là, c’est extrêmement important.

www.modeledereussite.com: vous remercie !

C’est moi qui vous remercie !

Jean Tiby Sangaré Pour modeledereussite.com

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