N’FALY MARA -Fondateur de l’Université Roi Mohammed VI, un parcours exceptionnel et très inspirant.

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N'FALY MARA MODELE DE REUSSITE - Fondateur URM-VI

 » Dans la vie chacun d’entre nous a une histoire, un vécu qui nous façonne, un passé que nous pouvons certes ignorer, mais jamais effacé. La question fondamentale n’est pas de savoir ce que vous avez vécu, mais plutôt comment vous y réagissez ?  Ce qu’il y’a à noter, c’est que toutes les personnes ne vivent pas de la même manière ce qui les arrivent dans la vie, certaines passent toutes leurs vies à s’apitoyer sur leurs situations, tandis que d’autres assument et utilisent leurs passés comme source de motivation, comme raison pour atteindre le sommet de leurs objectifs. C’est exactement le cas de Monsieur N’FALY MARA entrepreneur et gestionnaire de profession. Malgré tous les obstacles durant le cursus scolaire et universitaire, il est aujourd’hui fondateur de plusieurs entreprises dans divers secteurs activités. Comme on aime souvent le dire « Lorsque la vie vous jette des pierres, vous avez le choix d’utiliser ces mêmes pierres pour construire un  mur qui vous empêchera d’avancer ou d’en faire un pont pour traverser la rive.»  MODELE DE REUSSITE vous invite dans cette interview exclusive le parcours exceptionnel de Monsieur MARA, un parcours truffé d’énormes obstacles, ce qui le rend d’ailleurs encore plus stimulant, motivant et inspirant. Vous découvrirez le secret de réussite de ce grand entrepreneur.   »   Lisez !!!


MODELE DE REUSSITE : Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je m’appelle N’Faly Mara, fondateur de 02 Groupes scolaires (Groupe scolaire Aboubacar Titi Camara de Conakry et Roi Mohamed VI de Kamsar) ; de 02 Instituts d’enseignement supérieur (l’institut Roi Mohamed VI de Conakry et celui de Kamsar) et de 02 Universités (l’Université Roi Mohamed VI de Conakry et celle de Kamsar.)

MODELE DE REUSSITE : Parlez nous en résumé de votre enfance ?

Je suis né le13 janvier 1963 à korya Sidia dans la sous-préfecture de Bouako (Guinée) c’est labà que j’ai été inscrit à l’école primaire en 1972. Après l’admission en 1976 pour la 7eme, je suis allé à Gueckedou pour faire le collège bambou, ensuite en 1980 j’ai décroché le bac 1 et le  bac 2 puis en 1981 j’ai été orienté à la faculté des sciences administratives et juridiques. Enfin, j’ai terminé mes études en 1986.

MODELE DE REUSSITE : Faites nous un résumé de votre parcours professionnel avant de vous lancer dans l’entrepreneuriat ?

Après les études, j’ai passé une année de stage à la Société Nationale d’Electricité .Apres la nationalisation de ladite société, je me suis retrouvé dans l’enseignement allant de 1987 jusqu’à 1989. C’est pour vous signaler que j’ai des anciens élèves qui ont une grande réputation dans le cadre même de l’entrepreneuriat tels que KPC, Mamadouba Toss Camara etc. ; de même que le jeune opposant Ousmane Gaoual DIALLO j’ai été son professeur d’économie politique.

A travers un concours de recrutement des gestionnaires financiers à la fonction publique, j’ai été retenu et on m’a affecté à Nzérékoré pour gérer les stations-services. Finalement un an après il y a eu la privatisation de ces stations-services qui sont devenus des services privés depuis fin 1991. Suite à un test de recrutement, j’ai été retenu comme comptable de haut niveau dans la Société des Bauxites de Kindia. Un an après, j’ai bénéficié d’une promotion, donc en plus des états financiers j’étais le responsable de toute la paie de cette structure des mines de Débélé (Kindia) en passant par le transport minier jusqu’au port minier.  Deux ans plus tard, à la faveur de l’arrivée du groupement du secteur énergétique EDF et SAUR international et hydro Québec (Canada) ; j’ai été recruté comme chef comptable. Pendant cette période, on a même voulu me payer comme les autres chefs de la sous-région c’est à dire la côte d’Ivoire et le Sénégal. A l’époque en côte d’Ivoire le salaire pour ce poste s’élevait à 7 millions de CFA et ils m’ont proposé 14millions de Gnf après toutes les négociations faites entre le gouvernement guinéen et le groupement, le salaire était retenu d’avantage à 10 millions et j’étais le guinéen le plus payé à l’interne. C’est à travers cela que j’ai fait beaucoup de formations et finalement voilà un peu ce qui s’est passé jusqu’en 1994. Par la suite, j’ai été recruté comme chef comptable jusqu’en 1999 à l’électricité de Guinée et quand mon directeur est rentré au Canada je suis devenu directement directeur financier pendant 4 ans jusqu’à la création de l’actuel EDG.

MODELE DE REUSSITE : Parlez-nous de l’historique de la création de vos écoles?

Dans le passé j’ai eu un ami qui était missionnaire au compte de la BAD (Banque Africaine de Développement). Lorsqu’il séjournait en Guinée il m’a expliqué que la B.A.D pouvait faire des assistances et des initiatives privées surtout dans le cadre de la santé ou de la formation, et que cela pouvait m’intéresser. Donc cet ami Algérien m’a appuyé et j’ai monté un dossier, ce fut le départ de cette aventure. J’avais déjà le terrain et le premier financement m’a permis de faire 9 salles de classes et au fil du temps ça marché, car la première année j’ai fait 287 élèves et la 2ème année j’étais déjà à 600, depuis lors elle est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.  En faveur de la création des universités privées par l’Etat, j’ai déposé une requête auprès du ministère de l’enseignement supérieur pour la création de mon université ;  finalement j’ai eu l’agrément de l’Université Titi Camara en 2007 et au départ c’était des orientations par l’Etat à travers la direction nationale de l’enseignement privé et ils ont orienté pour la première année 200 étudiants.  Tout a commencé avec ceux-ci. Au fur et à mesure,  j’ai eu à faire la délocalisation des filières minières à Kamsar. Je signale également que nous sommes avec l’enseignement technique qui connait une réelle croissance.

MODELE DE REUSSITE : Votre université dispose-t-elle des partenaires à l’extérieur du pays?                   

Oui !!! Elle en dispose. Au Maroc surtout.

– le premier partenariat avec les marocains c’était avec l’Institut des mines de Marrakech une école d’excellence,

– la deuxième convention c’est avec la plus grande école minière du Maroc l’Ecole Supérieure des Mines de Rabat,

– la troisième convention que nous avons eu à signer c’est avec l’une des plus grandes  Universités en équipements et en domaine  (l’Université HASSAN 1er de SETTAT) qui fait un peu plus la ville de coyah une école où il y a 100.000 étudiants.

Donc on a signé des partenariats avec toutes ces grandes écoles et aussi avec certaines entreprises marocaines qui font beaucoup d’infrastructures pour les gares ferroviaires, les grands bâtiments du Maroc ;  même les stations de l’aéroport. J’ai signé une convention avec l’un des plus grands laboratoires qui a même des partenariats avec des espagnols.

L’année dernière, on a signé une convention avec la plus grande clinique marocaine ‘polyclinique internationale de Rabat’ qui avait même reçu nos étudiants, nous avons également des partenariats avec certaines des banques marocaines.

Du côté de la Sierra Leone également, comme vous la savez le monde moderne il y a 2 choses indispensables : l’anglais et les N.T.I.C, donc nous avons signé une convention avec l’Université Makeni en Sierra Leone et aussi en début d’année 2018 nous avons signé une convention avec l’Université de Montpellier en France et qui a même ouvert une université en Guinée qu’on appelle Université Française de Guinée où je suis actionnaire.

Comme vous l’avez constaté, nous avons de grands partenaires et rassurez-vous que nous continuons toujours à en trouver d’autres, car pour moi aucune institution ne peut évoluer à vase clos.

MODELE DE REUSSITE : En dehors de votre université est ce que vous évoluez dans d’autres secteurs ?

Bon j’évolue dans l’agriculture, je fais de l’élevage et la pisciculture. Vous savez la terre ne trahit jamais et j’ai l’intention de faire une école Agro pastorale comme la Guinée n’est pas seulement un pays à scandale géologique mais aussi un pays à scandale agricole.

MODELE DE REUSSITE : Quelle analyse faites-vous du système éducatif guinéen ?

L’analyse faite sur le système éducatif guinéen n’est pas en adéquation avec les besoins réels du marché et c’est ce qui m’a même poussé à faire la réforme des programmes, parce qu’il ne faut pas former les étudiants pour les former, il faut aller vers les entreprises qui doivent employer ces enfants, pour recueillir leurs besoins pour les prochaines années. C’est ainsi que nous adaptons nos formations aux véritables besoins du marché de travail.  A l’époque du premier régime, il n’y  avait pas l’économie du marché c’était le socialisme autrement dit c’était le communisme. Toutes les entreprises étaient étatiques mais pour pallier à toutes ces inadéquations auxquelles nous assistons actuellement, dès après le BAC l’Etat oriente dans les facultés où vous allez faire 3ans, donc c’est un peu le système que nous nous avons connu et avec le deuxième régime il y a avait eu quelques réformes, quand les gens avaient le BAC il y avait un concours qui était organisé à l’intention des bacheliers en fonction des besoins des gens qui avaient accédé à l’Université, en 2007 on a fini par abandonner tout ça et depuis lors il y a eu des petits problèmes, car quel que soit le nombre de bacheliers tout le monde est orienté et c’est ce qui continue jusqu’à maintenant. Si moi j’étais responsable de l’éducation, tous ceux qui n’ont pas 12 de moyenne au BAC n’iront pas à l’Université, les restes vont être orientés au niveau des écoles professionnelles comme ça l’Etat n’a pas beaucoup de choses à dépenser pour former beaucoup de cadres moyens et de cadres supérieurs.

MODELE DE REUSSITE : Un parcours comme celui-ci est parsemé de difficulté parlez nous en ?

Les difficultés j’en ai eu beaucoup, déjà pour ma scolarisation tout le monde était contre sauf mon père je suis issu d’une très grande famille les oncles les grands frères ainsi de suite et il y avait un champ commun donc personne ne voulait que je rentre à l’école ; ils voulaient tous que je reste au champ. Mais mon père que son âme repose en paix avait forcé la situation il s’est imposé contre la volonté de tout le monde et il a réussi à me mettre à l’école malheureusement à la 2eme année il est mort. Les gens continuaient toujours à s’y opposer mais, avec la grâce de Dieu j’ai pu m’en sortir malgré tout, parce que même ma propre maman s’opposait de temps à autres. J’ai eu l’examen d’entrée en 7eme en ce moment, j’étais au village je suis allé à la sous-préfecture ; là aussi il faut faire le champ et l’école en même temps j’ai passé un semestre dans ça ; le 2eme semestre je suis allé à Gueckedou chez mon oncle pour faire le reste du collège et du lycée c’était encore pire et je pensais que les difficultés étaient finies.

J’étais obligé de me lever tous les jours à 5 heure pour laver les ustensiles de cuisine parce qu’il n’y avait pas de fille et après l’école pendant que mes amis allaient à la maison pour manger, moi je prenais la dépense pour aller au marché acheter les condiments et me retourner. À l’époque, on donnait du riz en ravitaillement donc ce n’était pas propre il fallait piler et généralement je n’avais droit qu’au gratin c’est ce que je mangeais pendant tout le cycle ce n’était pas facile. Une fois à Conakry, là où je dormais, c’est indescriptible sans parler des moustiques de Conakry mais j’ai pris courage jusqu’après le concours pour l’Université. Cependant depuis la fin de mes études, j’ai certes connu des difficultés mais pour moi elles sont insignifiantes par rapport à celles que j’ai vécues durant tout mon cycle. C’est pourquoi j’exhorte chacun de s’armer de plus de courage, quel que soit la situation dans laquelle vous vivez sachez qu’un jour tout cela sera derrière vous, mais il vous faut encore une fois assez de courage.

MODELE DE REUSSITE :Quelles sont les personnes qui vous ont le plus marquées 

Mon père, malgré je n’ai pas eu la chance de bien le connaître car il est décédé quand j’avais 10 ans, ensuite ma mère même si elle était contre ma scolarisation au départ mais après la mort de mon père elle a fait ce qu’elle pouvait pour me soutenir.

MODELE DE REUSSITE : Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

Dans l’avenir je compte soutenir les personnes démunies. Lorsque mes enfants vont commencer à m’aider, moi je vais essayer de changer de domaine si Dieu me donne la vie et la santé. D’ailleurs je le fais déjà, quand vous venez chez moi tous les soirs vous serez étonné du nombre de personnes que vous y trouverez. Les jeunes de toutes les ethnies confondues viennent de l’intérieur pour poursuivre les études. Après leur inscription certains n’ont pas où dormir, donc le plus souvent je les trouve en train de passer la nuit sous l’immeuble et je les amène chez moi ici. Vous savez généralement quand tu as souffert dans ton enfance tu es deviens sensible à ces genres de situations. Je ne connais même pas le nombre de personnes que j’ai ici quand la prière de 20h vous trouve ici pendant le mois de ramadan par exemple au moins une soixantaine de personnes, un sac de riz chez moi ne dure que pour 3 à 4 jours.

MODELE DE REUSSITE : Un conseil pour les jeunes ?

C’est de travailler sérieusement. Avant il y avait une certaine facilité,  maintenant c’est la concurrence. Pour vraiment avoir une vie meilleure il faut le travail, il faut apprendre. Je viens de rentrer du Maroc avec des amis pour assister à la soutenance d’un de mes fils mais franchement tout le monde était fier de lui ; parce qu’au Maroc les gens ne blaguent pas avec les études en plus de la parfaite maîtrise de sa thèse, lui il a une facilité de communiquer qui était impressionnante. Il a eu la mention excellente ; c’est donc important de rappeler que c’est grâce au travail que nous avons réussi. Quand nous on étudiait il y avait des enfants de ministre qui venait en voiture avec les boîtes de conserve, des jus de fruit, des confitures  et nous on mangeait du gâteau, mais aujourd’hui Dieu merci.  Je dis ceci aux jeunes : Il ne faut jamais compter sur quelqu’un. 

                           Je dis ceci aux jeunes :                               « Il ne faut jamais compter sur quelqu’un. » 

Vous savez dans la vie l’homme doit se  fixer des objectifs, moi j’ai commencé avec 9 salles de classe en l’an 2000, 3 ans après nous nous sommes retrouvés parmi les meilleurs écoles. Malgré la présence de grandes écoles à côté cela ne m’a pas empêché de réussir parce qu’il y avait du sérieux. Je m’impliquais personnellement et je viens donner des cours parfois, ensuite partout où il y a de bons professeurs, je suis prêt à les payer cher mais l’essentiel est qu’ils enseignent dans mon établissement.

Le dernier conseil que je vais donc donner à tous :

 » Il faut avoir des objectifs clairs et persévérer. »

MODELE DE REUSSITE : Quelle est votre perception sur le groupe de médias modèle de réussite ?


« Je ne peux que vous encourager, ce que vous faites est extrêmement intéressant. Grâce à vous les jeunes trouveront de références et obtiendront beaucoup de conseils de la part de plusieurs personnes qui ont réussi dans leur vie. »


 

MODELE DE REUSSITE vous remercie !

Merci.

1 COMMENTAIRE

  1. Je suis très ému,en plus ça m’a donné à réfléchir non seulement sur mon passé,mais aussi la situation dans la quelle je vie en ce moment.je suis diplômé en Droit Minier à l’Université Roi Mohamed VI de Conakry(2013-2017),je suis toujours sur le marché d’emploi. Mr le Fondateur n’faly Mara vous êtes un modèle de réussite pour moi, merci pour vos brillants conseil, pour terminer  »je ne vais jamais compter sur quelqu’un »

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